Le cap des 30.000 mots


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L'écriture d'un livre peut s'avérer fastidieuse.
C'est un processus qui remet constamment en question la capacité de l'auteur à raconter ce qui doit être dit entre un point A et un point B.
Le plus difficile, c'est de franchir le cap des 30.000 mots.

Pourquoi ce cap a-t-il constitué un tournant dans l'écriture de mon roman ?

Lors du lancement d'un nouveau projet, je m'accorde en général quelques semaines pour permettre aux idées d'affluer.
Je les consigne sur mon ordinateur ou sur un carnet, et décide ensuite de celles qui me semblent intéressantes à développer.

Vient alors l'élaboration d'un premier chapitre pour chacune de ces idées.
Rédiger un premier chapitre m'est indispensable pour évaluer si oui ou non une des idées choisies peut constituer une introduction percutante susceptible d'accrocher le lecteur.
Le premier chapitre le plus satisfaisant devient alors un projet de roman.

C'est ainsi que j'ai procédé avec Toutes les femmes de ma psy.

D'un point de départ, et d'un premier chapitre, je définis les personnages et découpe ensuite l'intrigue en chapitres.
Les chapitres sont conçus comme des saynètes qui se déroulent généralement dans un lieu déterminé, avec certains personnages.
J'attribue à chacun un titre, un court résumé, ainsi qu'une conclusion qui doit non seulement servir de lien pour la suite de l'histoire, mais qui doit aussi apporter un suspense suffisant pour donner envie au lecteur de passer au chapitre suivant sans attendre.

J'élimine ensuite les chapitres qui décrivent des scènes superflues, pour me concentrer sur l'essentiel.
Et la rédaction à proprement parler peut commencer.

A ce stade, toute l'intrigue est construite dans ma tête et je dois m'atteler à un véritable marathon rédactionnel pour transcrire ce que j'ai fait vivre à mes personnages en pensées.

Au début de la phase rédactionnelle, il m'est toujours compliqué d'insuffler au livre le style que je souhaite vraiment lui donner.
J'ai toujours le sentiment qu'il existe un cap à franchir avant de me sentir parfaitement à l'aise avec l'ambiance, le décor, les personnages.
Avant de l'avoir franchi, je raconte ce que je vois, comme si je couchais sur le papier les scènes d'un film qui se joue dans mon esprit.
Une fois ce cap franchi, je deviens un vecteur rédactionnel, et les mots s'imposent à moi au-delà de la simple retranscription.
Je vis l'histoire avec mes personnages, et je ressens leurs émotions.

Une fois ce cap franchi, je n'ai plus aucun doute sur ma capacité à terminer mon manuscrit.

Mais pourquoi parler de 30.000 mots ?
Parce que j'ai constaté, dans mes projets de romans, que les 30.000 premiers mots regroupent toujours la mise en place de personnages, des situations et problèmes à résoudre. Ils définissent les fondations de l'intrigue et ils représentent un travail plus organisé, plus méthodique, plus calculé, que le reste.

Le nombre a aussi son importance en tant que tel.
Je structure mes récits sur une base de 90.000 mots environ, avec des chapitres de taille à peu près égale.
Être capable de rédiger facilement le tiers d'un récit est toujours un bon indicateur.

C'est un test absolument déterminant qui me permet de savoir si l'histoire peut être développée jusqu'au bout.
Si ces 30.000 premiers mots n'ont pas suffisamment à dire, il est peu probable que je parvienne à écrire un roman.

Et tant qu'ils ne me satisfont pas, je le réécris, et ce jusqu'à en extraire l'équilibre parfait qui permettra ensuite à l'écriture de devenir évidente.

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